The Wealthy Hobos – « Everybody Needs Some Change »

Il y a tout juste un an, je vous parlais des Wealthy Hobos, trois jeunes parisiens qui ont décidé de remettre au goût du jour le bon vieux blues-rock des années 60-70!

Le groupe vient de sortir son premier album intitulé « Everybody Needs Some Change » (8 titres, 32 minutes), entièrement autoproduit.

Pour ce premier effort, ils ont vu les choses en grand et invités pas moins de 14 musiciens à participer aux séances d’enregistrement ! J’ai eu l’honneur de figurer parmi cette pléthore de guests, et de gratifier le groupe de quelques notes de guitare et de basse.

Malgré mon implication dans le projet, je m’engage à faire une chronique totalement impartiale de leur disque :

 

1) « Travelin’ Hobos »
L’album démarre sur les chapeaux de roue avec un titre boogie-rock à la rythmique nerveuse, que ne renierait pas ZZ Top. D’emblée, on se retrouve propulsé sur une route surchauffée du sud des Etats-Unis, au volant d’un vieux truck !
Le son est dirty à souhait, et la voix éraillée du chanteur n’est pas sans rappeler celle d’un certain Lemmy. Une guitare électrique jouée au bottleneck vient renforcer l’atmosphère résolument bluesy du morceau.
Le solo de guitare, d’inspiration Alvin Lee (Ten Years After), est exécuté par un premier invité qui n’est autre que moi-même 🙂
« Travelin’ Hobos » est un bon premier titre rock qui ouvre l’album de manière efficace. J’aurais néanmoins aimé entendre ce qu’aurais pu donner cette chanson si elle avait été jouée de manière moins urgente, mais un poil plus suave ! A mon avis, le résultat aurait pu être intéressant.

 

2) « Jungle Time Blues »
L’intro tribale du second morceau est une bonne idée, surtout pour une chanson qui comporte le mot « jungle » dans son titre. On navigue à présent dans une ambiance plus marécageuse, aux confins de la Nouvelle-Orleans !
Ce morceau impressionne par sa richesse instrumentale : solo de guitare bavard, percussions à gogo, harmonica crunchy, piano boogie très Stonien, cuivres (trompette et sax) à la Exile On Main Street. Sans oublier une choriste, qui apporte un plus indéniable ! Au total, les Wealthy Hobos ont utilisés par moins de 8 guests rien que sur ce titre. Pas mal pour un groupe autoproduit !
On pourrait leur reprocher d’avoir voulu en mettre un peu partout, néanmoins ça fonctionne plutôt bien.
J’apprécie les quelques passages instrumentaux de percussion pure, qui m’évoquent un peu Iron Butterfly (« In A Gadda Da Vida »).
Plus qu’une simple chanson, ce titre est surtout une jam session fourre-tout de plus de 5 minutes, très 70’s dans l’esprit, qui n’aurait sans doute pas dépareillée dans un festival hippie.
Le seul reproche que je pourrais faire est qu’il aurait été peut être plus judicieux de le placer vers la fin du disque plutôt qu’en deuxième position, je pense qu’il aurait été davantage efficace.

 

3) « Sell The Demon’s Soul »
Une chanson blues-rock rythmée et sautillante, d’esprit très 70’s, avec la participation d’une choriste inspirée.
C’est efficace et agréable à écouter, je n’ai pas grand chose à en dire de plus !

 

4) « On The Road »
Alors là, voici mon premier véritable coup de coeur du disque : « On The Road » est un excellent morceau dans la plus pure tradition country, mélancolique à souhait, chanté avec un voix à la Johnny Cash.
Pour la première fois, le groupe ce calme, et ce côté laid-back fonctionne à merveille !!!!
Franchement, je suis bluffé par le son de ce titre, on croirait qu’il a été enregistré dans les années soixante.
Les esprits chagrins diront que le chanteur en fait peut être un peu trop quand il chante une phrase comme « I met a girl down in New Orleans », mais le côté cliché est peut être intentionnel, comme dans le morceau de pastiche-country d’Alice Cooper « The Saga Of Jesse Jane ».
En tout cas, c’est vraiment du très bon boulot que les Wealthy Hobos ont fait pour ce morceau !

 

5) « Black 5 »
Un sacré bon riff coriace et syncopé à souhait, dans un style réminiscent du Chocolate Watchband (pour ceux qui connaissent les compiles garage Nuggets). On est accroché dès les premières secondes par ce rock sinueux et sexy !
Le côté un peu plus dur de ce titre me fait parfois penser à des groupes de hard-rock vintage comme James Gang, ou UFO (« Built For Comfort »).
Sur le plan instrumental, on se régale avec un superbe orgue millésimé 60’s, un piano boogie à la Nicky Hopkins, une choriste, et un solo de guitare que n’aurait pas renié Chuck Berry.
Bref, j’adore !

 

6) « She’s Gone (To Another Town) »
Les premières note de guitare folk et surtout le violon country me propulsent immédiatement dans un univers à la Bob Dylan (en particulier l’album « Desire ») : oh la vache, ça fait drôlement du bien ! Et ça sent bon l’Amérique !
Quand je vous disait que ce groupe est encore meilleur quand il se calme 🙂
On pense aussi par moment aux Rolling Stones (« Cry To Me »).
Pour des petits français, je trouve que les Wealthy Hobos maitrisent vraiment bien cette saveur Nashville si particulière. Et pour ça je leur tire bien bas mon Stetson !

 

7) « Burn Baby Burn »
Un bon blues lanscinant et planant, tout droit sorti du bayou, qui m’évoque un peu Creedence Clearwater Revival (« Feeling Blue »). Ca donne envie de fumer des cigarettes pas vraiment légales 🙂
Il est à noter que j’ai contribué à ce titre en tant que bassiste.

 

8) « Misery Song »
Le dernier titre du disque est un blues acoustique nocturne et solitaire, simple mais diablement efficace. Il s’inscrit à merveilles dans la thématique du vagabond voyageur, si chère au groupe.
Le morceau est habillé par moment par un harmonica, ainsi qu’une percussion (tambourin ?) qui sonne un peu comme un serpent à sonnette !
Franchement, c’est un super morceau de fin.
 

The Wealthy Hobos (de gauche à droite : Leo Bentaieb, Sacha Burtin, Slim Terrorizer)


 
Pour conclure cette chronique, je dirais que les Wealthy Hobos ont signé là un très bon premier album, ambitieux à souhait ! Le disque aurait toutefois mérité un plus gros budget et un son un peu moins « live », mais pour une autoproduction c’est plus qu’honorable.
En ce qui concerne leur démarche en elle même, je trouve cela admirable que des jeunes gars fassent vivre l’esprit d’une musique traditionnelle américaine si chère à mon coeur. Peut-être gagneraient-ils à faire un peu moins référence à un rêve américain fantasmé, et à intégrer un peu plus de leur propre vécu dans leurs chansons, mais cela viendra surement avec la maturité.
D’autre part, je l’ai déjà dit (mais j’insiste sur ce point !), les Wealthy Hobos devraient vraiment assumer davantage leur facette country et jouer un peu plus soft, car c’est là qu’ils deviennent franchement excellents !
Il se murmure qu’ils préparent actuellement un EP… Vivement la suite !
 
https://www.thewealthyhobos.com/
https://thewealthyhobos.bandcamp.com/releases

 

PACK « JOUER TOUTES LES GAMMES SANS EFFORT + L’ART DE L’IMPROVISATION » : un cours « géant » regroupant un ebook au format PDF et des MP3 pour apprendre à improviser comme un dieu !!!!
Cliquez sur l’image pour en savoir plus !

 

livre gratuit

Articles à lire également :

Leave a comment

Your email address will not be published.


*


1 × 2 =