Les 5 mythes du guitariste rêveur

Article proposé par Fabien de Musicien Rebel.

 

Avant de commencer cet article, je tiens à remercier Sylvain de m’accueillir sur Riff Your Life !

Pour me présenter rapidement, je m’appelle Fabien et je suis l’auteur du site Musicien Rebel. J’ai bientôt 30 ans et je suis musicien (violon, piano, guitare, batterie…) depuis 25 ans, ça commence à en faire du chemin !

Ça ne fait pas de moi un génie mais j’ai eu l’occasion de rencontrer beaucoup d’obstacles. Entre mes échecs personnels et l’enseignement que je pratique depuis 12 ans, j’ai eu l’occasion de tester beaucoup de techniques d’apprentissage, de méthodes.

Et c’est justement le sujet aujourd’hui… Donc assez bavardé, on commence.

Autour de moi, je rencontre beaucoup de personnes, âgées de plus de 5 ans, qui croient encore au Père Noël. Non, pas le bonhomme rouge qui se fait tracter dans un traineau en exploitant des reines. Mais ces gens pensent que la méthode magique existe.

Quand on commence, on veut tout de suite ce qu’il y a de mieux : La meilleur guitare, le meilleur mediator, la meilleur version de partition, le meilleur professeur, la meilleur méthode… bref, on croit qu’il suffit d’avoir ce qu’il se fait de mieux pour réussir.

Désolé de casser l’ambiance, mais tout ceci est utopique et complètement FAUX. Pour te le prouver, je casse ici les 5 plus grands mythes du guitariste rêveur :

 

1. Avec le temps je deviendrai bon, j’aurai de l’expérience

Grosse erreur, très grosse erreur. Il n’y a rien de plus absurde. L’expérience, ce n’est pas une baguette magique. Ce n’est pas parce qu’on joue depuis plus de 10 ans qu’on est bon dans ce qu’on fait. Il y a beaucoup de paramètres à prendre en compte.

2 questions principales à se poser :

– Est-ce que les heures de travail sont nombreuses ? Entre 3h par mois et 3h par semaine, il y a un certain delta

– Est-ce que le travail a été efficace ? Plus de temps à s’amuser, à gratouiller sur les cordes ou à travailler méthodiquement ?

Il ne faut donc pas confondre le temps passé et le temps travailler. J’ai toujours aimé les mathématiques, alors démonstration (si tu n’aimes pas ça, regarde directement les résultats et crois moi sur parole !) :

Prenons un élève A comme Arthur. Arthur à 15 ans et rêve de draguer les filles sur la plage avec sa guitare. Il est super motivé par le résultat. Mais beaucoup moins enchanté par le temps qu’il doit consacré au travail de son instrument de musique. Résultat, en 10 ans, il a travaillé :

– Environ 20 minutes par jour

– Pas de travail le week-end, ni pendant les vacances

– Sur les 20 minutes, il passe les 3/4 de son temps à jouer et le reste à travailler (et encore, sans réelle méthode)

Un peu de suspens avant le résultat. Passons à notre élève B, comme Bertrand. Bertrand a lui 25 ans. Il est plus mûr. Il a un travail et souhaite se faire plaisir en apprenant la guitare. C’est un rêve de gosse et il compte bien mettre toutes les chances de son côté. Résultat, en 10 ans, il a travaillé :

– Environ 1h par jour

– Il a rarement jamais loupé une séance, que ce soit le week-end ou pendant les vacances

– Sur sont 1h de travail, 45 minutes étaient sérieuses et le reste simplement de l’amusement.

On fait les comptes ?

Notre élève A, Arthur, a travaillé efficacement environ 137 heures en 10 ans.

Notre élève B, Bertrand, a quand à lui travaillé de manière efficace environ 2700 heures en 10 ans.

Ça fait une légère différence non ? Pourtant ils ont tous les 2 soit disant 10 ans d’expérience…

Où se situe les principales différences ? Au niveau de 2 choses :

– La régularité (Bertrand a travaillé tous les jours ou presque ce qui lui a donné beaucoup d’avance)

– L’assiduité durant les séances. Arthur a passé l’essentiel de son temps à s’amuser et non à travailler

J’espère que tu comprends mieux en quoi il est utopique de penser que le temps sera notre allier.

 

2. Avec un bon professeur, je vais m’envoler

Et bien non, ce n’est pas si facile. Un bon professeur t’aidera beaucoup mais ce n’est pas lui qui va travailler à ta place.

Ton prof a essentiellement 3 rôles à jouer :

– Te motiver, en te proposant des morceaux, exercices, jeux qui te gardent toujours en éveil.

– Te montrer le chemin, avec une méthodologie adaptée à ta personnalité, tes compétences et tes envies

– Te corriger et t’orienter sur les difficultés et obstacles que tu rencontres.

Si tu suis à la lettre les conseils d’un bon prof, oui tu progresseras ! Mais ça ne se fera pas tout seul, ça serait trop beau…

 

mythes

 

3. Avec une guitare Takamine flambant neuve, ce sera plus simple qu’avec la vieille guitare de papa

L’instrument n’a jamais fait le musicien. Ça se saurait !

Un bonne guitare aide à avoir un joli son et un meilleur confort de jeu, c’est tout. Encore une fois, ce n’est pas la guitare qui va jouer à ta place.

Si ta guitare (mais c’est valable pour les autres instruments aussi) est bien réglée, il n’y a aucune raison que ce soit de sa faute.

Concentre-toi sur le travail et non sur le matériel. Quand tu auras bien progressé, tu pourras te faire plaisir et acheter une « meilleure » guitare.

Donc retiens une seule chose. N’utilise pas ta guitare comme excuse pour ton manque de progression.

 

4. En travaillant 3 heures par jour, je deviendrais une star

Si tu as bien lu et compris le point numéro 1, tu dois te douter de ce que je veux dire avec cette erreur. Tout à l’heure, je t’ai démontré que l’expérience ne se faisait pas toute seule. Il faut chercher à travailler de manière efficace.

Ici, je vais plus loin dans l’idée. Ce n’est pas en travaillant 3 heures par jour que tu deviendras bon, non. C’est en travaillant BIEN que t’y arriveras.

Tout comme Arthur (désolé si tu t’appelles Arthur, ce n’est qu’un exemple !), si tu passes le plus clair de ton temps à t’amuser, que tu en fasses 20 minutes, 3 heures ou 8 heures par jour, tu ne vas pas avancer très vite.

Il faut absolument se forcer à travailler. Un bon ratio de travail est celui-ci : 80% de travail pour 20% de « récréation ».

Pour réussir à te motiver, fixe toi des objectifs pour ta séance de travail. C’est très simple. Tu prends 1 à 2 minutes (pas plus) pour ÉCRIRE ce que tu vas faire dans ta séance.

J’insiste sur le « écrire » parce que l’écriture a toujours plus d’impact sur nom que les mots en l’air.

Tu dis par exemple : « aujourd’hui je me concentre sur ce p***** de refrain. Il faut au moins que je réussisse à l’enchainer, même lentement ». Tu vois le genre ?

2ème chose à dire sur ce point. Il vaut mieux que tu travailles 20 minutes régulièrement (donc tous les jours même pendant les vacances) que 2h tous les week-end.

La régularité te permet de mieux mémoriser ce que tu apprends. D’un jour à l’autre, tu te souviens. D’une semaine à l’autre, tu oublies.

Donc non, en travaillant 3 heures par jour, tu ne deviendras pas forcément une star SAUF si tu fais ça de manière efficace avec des objectifs pour chaque séance. Et en tenant un rythme de travail régulière, journalier.

 

5. Pour progresser, il faut que je trouve une meilleure méthode

Je termine avec le 5ème et dernier point, la méthode miracle. On pense toujours que pour avancer plus vite, il nous faut une excellente méthode. La fameuse méthode magique.

Désolé, c’est encore un mythe. Cette méthode n’existe pas. Pourquoi ?

Petit instant de réflexion. Active ton cerveau sur le mode « logique ». La meilleur méthode qui existe, c’est celle qui s’adapte entièrement à vous. À vos points forts et faiblesses. Et pour ça, il n’y a qu’un excellent professeur pour y arriver.

En effet, une méthode est obligé de « généraliser » ses conseils pour convenir à un maximum de personne. Tout à l’heure je t’ai démontré que même le plus grand des professeurs ne pouvait rien pour toi si tu ne travaillais pas.

Donc pour une méthode, il n’y a pas de raison que ce soit mieux 😉

Oui, il existe des méthodes plus ou moins bien faites. Mais dans tous les cas, tu pourras progresser. Tout se passe à l’intérieur de toi. Si tu travailles efficacement avec une méthode moyenne, tu obtiendras de bons résultats.

Ne change pas de méthode, continue sur celle-ci tant que tu peux progresser. Tu verras plus tard pour trouver « mieux ».

 

Conclusion sur les mythes du guitariste

Pour conclure, ne cherche plus d’excuses. Si tu veux devenir un meilleur guitariste, tout commence de TON côté. Ce n’est ni la faute du temps, ni du professeur, ni de l’instrument, ni de la méthode mais juste de TOI.

Tu es ton plus grand ennemi. Mais tu es aussi ton plus grand AMI. Garde confiance en toi, focalise tes efforts et prends le temps de construire ton avenir de guitariste. Si tu es passionné, tu réussiras…

N’hésite pas à partager tes excuses ton point de vue dans les commentaires.

 

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7 Comments

  1. Ça me rappelle mes « débuts » de guitariste! Ah, bénie soit l’époque où je croyais qu’une guitare et ampli hors de prix feraient de moi un bon guitariste! Et dire que c’était il y a seulement un an et demi! Après, il est vrai qu’il est plus agréable de travailler sur un Marshall et une bonne pelle que sur un 5watts no-name et une bouse du même niveau de gamme… Mais c’est pas une excuse, retourne bosser tes gammes, toi au fond, oui je te vois! Sinon, très bon article, j’espère que les personnes qui commencent la guitare en ce moment comprendront plus vite que moi que c’est le travail et pas le matos qui font le guitariste 😉

  2. Alors ça c’est bien vrai et je suis on ne peut mieux placé pour le savoir, c’est un défaut que j’avais jusqu’il n’y a pas si longtemps ! Puis j’ai pris une décision dans ma vie de devenir musicien pro, et à partir de ce moment là il n’y a plus d’échappatoire ! Et les résultats se voient d’eux même, on progresse bien plus efficacement en travaillant qu’en s’amusant, c’est pas un secret c’est vrai pour absolument tout.
    Après niveau matos en effet il est bien plus agréable de jouer sur du bon matériel, mais cela n’empêche rien. Un petit conseil subjectif qui me vient à l’esprit : je trouve qu’il est bien plus efficace de travailler sur un ampli à lampes que sur un transistor et c’est encore plus vrai pour un ampli à modélisation, en effet je trouve que ces amplis pardonnent énormément d’erreurs, en terme de propreté c’est pas le top, après cela n’engage que moi et surtout tout le monde n’a pas les moyens de se payer un ampli à lampes et de l’entretenir…
    Aller sur ce je retourne travailler !

    • Merci Robin B pour ton commentaire 🙂
      Je pense que pour quelqu’un qui commence, cette « propreté » est vraiment très subjective et ce n’est pas ça qui va aider ou non à progresser techniquement.
      Et comme tu dis, tout le monde ne peux pas acheter un ampli à lampe. Surtout si c’est pour arrêter 3 mois après…
      ++

  3. Ah et désolé de l’oubli, merci beaucoup pour l’article !

  4. Le programme d’entraînement parfait est une longue quête parce que les aspects à travailler sont tellement nombreux… D’où l’importance de bien se fixer des objectifs.

    Autre aspect important pour la motivation c’est de varier les séances.

    Avant je passais 3 h à suivre le même programme (gammes, technique, morceaux chant, solfège) maintenant j’ai divisé mon temps par deux et je suis un cycle de 3 session différentes.

    La session A est consacrée à la technique, la B au relevé (solos, structures, accords, rythmiques) et la c à la répétition du répertoire (compos et reprise), le match d’entrainement quoi.

    Attention aussi au piège d’apprendre de la théorie pour en apprendre. Ce qui compte c’est les morceaux que tu vas jouer devant tpon public, c’est tout. Le reste c’est juste des outils.

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