Comment utiliser une pédale d’EQ comme un pro !

Lorsqu’on parle d’effets pour guitaristes, on pense immédiatement à une pédale de distortion, une fuzz, une wah-wah, un delay… Mais beaucoup plus rarement à une pédale d’égalisation !!!!

Il est vrai qu’un guitariste a déjà la possibilité de régler le son directement sur sa guitare ou sur son ampli. Mais aucun des deux ne permet un contrôle aussi précis qu’une bonne pédale d’EQ !

Cet effet, injustement sous-estimé, peut réellement se révéler d’une efficacité redoutable lorsqu’il est placé entre des mains expertes.
Entre autres miracles, une EQ est capable de redonner une étincelle de vie à un son de guitare trop morne, de modifier complètement le caractère d’une distortion, d’ adoucir une rythmique trop agressive, ou encore à aider un solo à exister dans un mix touffu.
Peu d’autres effets peuvent se montrer aussi polyvalents !!!!

Dans cet article, je vais vous montrer comment exploiter au mieux une pédale d’EQ.

 

UNE EQ VISUELLE !

 

J’ai choisi la Boss GE-7 pour illustrer mon propos, car elle est assez représentative de toutes les pédales d’égalisation.

 


 
La GE-7 propose une section d’EQ dite « graphique », c’est à dire qu’elle se présente sous la forme d’une rangée de faders très faciles à régler.

Chaque fader est centré sur une fréquence centrale fixe (du grave vers l’aigu : 100Hz, 200Hz, 400Hz, 800Hz, 1.6K, 3.2K, 6.4K).

Il est possible d’augmenter (booster) ou de diminuer (cuter) jusqu’à +/- 15dB le volume de la plage de fréquence.
Notez que j’ai bien dit « plage de fréquence » ! En effet, sur un égalisateur graphique, les fréquences voisines de la fréquence centrale sont elles aussi affectées par les boosts et les cuts, comme le montre le schéma suivant :
 

 
Par exemple, si l’on booste 200Hz, on booste aussi un peu 190Hz, 210Hz, etc…
Cette particularité permet une correction du son beaucoup plus douce et naturelle que si seule la fréquence centrale était affectée !

A gauche de la section égalisation se trouve un fader Level qui permet, une fois l’EQ réglée, d’ajuster le volume global du son.
Il faut savoir que l’égalisation, surtout si l’on s’en sert pour booster des fréquences, a tendance à changer la balance générale du son. Cela peut se révéler problématique à cause du phénomène acoustique dit de « Fletcher-Munson »… Sans rentrer dans les détails techniques, ce phénomène fait qu’entre deux sons identiques mais de volume différents, le plus fort des deux semble toujours le plus flatteur à l’oreille !
Pour être sur que c’est bien la pédale d’EQ qui apporte quelque chose de plaisant à votre son et non pas l’augmentation du volume global, il faut ajuster le fader Level de manière à ce que le son après correction soit au même niveau que le son avant correction (pédale en bypass).

En règle générale, une pédale d’EQ se place plutôt vers la fin de votre chaine d’effets, de manière à pouvoir peaufiner le rendu final du son. Ceci dit, rien ne vous empêche d’expérimenter, en la placant par exemple avant une disto ! Cela peut parfois donner des résultats surprenants et vous permettre de transfigurer totalement votre son de guitare.

 

LA MAGIE D’UN BON REGLAGE D’EQ

Voyons à présent de manière concrète comment se servir correctement d’une pédale d’égalisation !

Pour commencer, on place tous les faders sur 0, pour avoir un son neutre, non-corrigé.

Ensuite, il s’agit de déterminer quelles plages de fréquences sont en excès et ont besoin d’être cutées, et quelles autres plages sont au contraire trop timides et doivent être mises en avant.
ATTENTION : Il faut bien comprendre qu’une pédale d’EQ ne créé en aucun cas de nouvelles fréquences. Elle ne permet d’agir que sur celles qui sont déjà présentes dans votre son. Par exemple, le fader 100Hz aura une action nette sur une grosse rythmique de power-chords saturés (riche en fréquences graves), mais sera quasiment inopérant sur un petit solo aigrelet… Le fader 6.4KHz aura une action presque inaudible sur un son très grave, etc.
Vous devez juste considérer l’EQ comme un bouton de volume intelligent, qui permet d’augmenter ou de diminuer certaines parties de votre son.

Les EQ graphiques sont conçues de manière à permettre un réglage fluide et intuitif. Vous pouvez tout à fait vous permettre de tester différents réglages « au feeling », jusqu’à trouver un son qui vous plaise.
 
Ceci dit, le mieux est quand même de comprendre ce que vous faites.
Je vais donc vous expliquer le rôle précis de chaque plage de fréquences !

 

LES FREQUENCES GRAVES : 100Hz, 200Hz

Cette zone contient surtout les fréquences fondamentales et les harmoniques les plus graves. Elle détermine la puissance, la rondeur et le « poids » de votre son.

– Boostez cette plage pour donner du corps à un instrument un peu trop rachitique. Si vous jouez en solitaire, cela peut donner de la chaleur et un côté flatteur au son, surtout en son clair. Attention, toutefois, à ne pas vous laisser berner par une simple augmentation de volume (effet Fletcher-Munson) !!!!

– Cutez cette plage si vous trouvez que votre son est baveux et prend trop de place dans le mix. Si vous jouez en groupe, cela vous permettra de laisser de la place au bassiste et d’avoir une meilleure définition de votre son de guitare. Attention, toutefois, à ne pas cuter les graves au point de vous retrouver avec un son riquiqui manquant totalement de substance !

 

LES FREQUENCES MÉDIUMS : 400Hz, 800Hz, 1.6K

Cette zone contient l’essentiel des harmoniques d’un son de guitare. Les fréquences médium vous offrent la possibilité de modifier en profondeur le caractère de votre instrument : montrez-vous créatif !

– Boostez cette plage pour donner un côté organique à votre son, et percer facilement un mix instrumental très dense sans toucher à votre volume. Stevie Ray Vaughan ou Eddie Van Halen étaient tous deux adeptes de ce genre de réglage ! Attention, toutefois, une surenchère de fréquence médiums peut rendre le son boueux et accentuer certains bruits parasites indésirables…

– Cutez cette place pour obtenir un son précis et tranchant comme une lame de rasoir, fortement associé au heavy metal ! Il s’agit de la fameuse EQ « en V », chère à Metallica et autres consorts chevelus. Mais prenez garde, car un son trop pauvre en médium peut se retrouver noyé dans le mix… Pour éviter cela, boostez un peu les fréquences graves et aiguës.

 

LES FREQUENCES AIGUËS : 3.2K, 6.4K

Dans cette zone se trouvent les harmoniques les plus aiguës, qui influent sur l’attaque, le mordant et l’intelligibilité de votre son.
L’oreille humaine étant très sensible aux changements s’opérant dans cette zone, je vous recommande d’utiliser uniquement des réglages subtils.

– Boostez cette plage pour donner un seconde vie à une disto un peu trop plate, ou du mordant et de la personnalité à un son lead. Mais attention, trop d’aigu peuvent rendre le son agressif et artificiel, et augmenter le bruits de doigts sur les cordes.

– Cutez cette plage pour rendre plus doux, crémeux et feutré à un son de guitare excessivement criard ou agressif.

 

CONCLUSION

Une pédale d’EQ est vraiment un accessoire indispensable à posséder pour vous rapprocher un peu plus de ce son professionnel qui vous fait tant rêver !
N’hésitez pas une seconde à en rajouter une à votre arsenal d’effets, et à tenter les réglages les plus fous.
En matière d’égalisation, il n’existe pas de réglage parfait. Tout est histoire de compromis, et surtout de trouver le réglage qui fonctionnera par rapport à vos besoins du moment.
Qui sait, vous optiendrez peut être un son totalement surprenant, qui vous inspirera pour votre prochaine chanson !

 

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2 Comments

  1. C’est une très bonne chose que de donner des infos techniques (je pense aux bandes de fréquences, aux atténuations, attaques, etc..)

    J’ajoute que pour avoir un son neutres(mais pas forcément ‘plat’), on a parfois intérêt à atténuer les fréquences les plus éloignées du spectre de la guitare, et privilégier le médium, en particulier lors des morceaux rythmiques. L’instrument, je trouve, s’intègre mieux, de façon plus légère au morceau.

    • Oui tout à fait ! C’est d’ailleur une astuce d’ingé son bien connue : nettoyer les fréquences graves et aiguës inutiles pour recentrer un instrument sur sa bande de fréquences « utiles » !

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