Le fabuleux pouvoir des intervalles

 

Une note isolée, c’est juste une note qui n’a rien à raconter… Deux notes, et c’est déjà le début d’une histoire !

Quel est donc ce prodige ?
Et bien, ce miracle est rendu possible grâce au fabuleux pouvoir des intervalles !

En effet, la majorité des idées et des émotions que la musique permet d’exprimer sont liées aux propriétés des différents intervalles. On peut donc considérer ces derniers comme l’alphabet de base de tous les musiciens !

Nous allons découvrir dans les lignes qui suivent comment fonctionnent les intervalles.

 

Note : pour comprendre ce qui suit, vous aurez besoin d’avoir assimilé le Système anglo-saxon de notation des notes.

 

MAIS AU FAIT, C’EST QUOI UN INTERVALLE ?

 

Le mot intervalle désigne la distance qui sépare deux notes.
En d’autres termes, l’écart de hauteur qui sépare le son le plus grave du son le plus aigu.
Il existe des petits intervalles (notes plutôt rapprochées) et des grands intervalles (notes plutôt éloignées).

 

Les intervalles se mesurent en tons et demi-tons, ces derniers étant la plus petite distance possible pouvant séparer deux notes dans le système occidental.
Un demi-ton, c’est tout simplement une case sur la guitare !

 

Les intervalles sont au nombre de douze :

 

Seconde mineure (b2) (deux notes différentes séparées d’un demi-ton)
Seconde majeure (2) (deux notes différentes séparées d’un ton)
Tierce mineure (b3) (deux notes différentes séparées d’un ton et demi)
Tierce majeure (3) (deux notes différentes séparées de deux tons)
Quarte juste (4) (deux notes différentes séparées de deux tons et demi)
Quinte diminuée (b5) (deux différentes notes séparées de trois tons)
Quinte juste (5) (deux notes différentes séparées de trois tons et demi)
Sixte mineure (b6) (deux notes différentes séparées de quatre tons)
Sixte majeure (6) (deux notes différentes séparées de quatre tons et demi)
Septième mineure (b7) (deux notes différentes séparées de cinq tons)
Septième majeure (7) (deux différentes séparées de cinq tons et demi)
Octave (8) (deux notes IDENTIQUES séparées de six tons)

 

 

Pour prouver de manière concrète qu’il y a bien douze intervalles possibles, essayons ce petit jeu : on joue la corde de E grave à vide (la corde la plus grave de la guitare), puis on pose le doigt sur la première case.
On joue à nouveau la corde à vide, puis on pose le doigt sur la deuxième case, etc.

 

 

Combien de cases va t-on pouvoir parcourir avant de retomber sur un E ?
La bonne réponse est douze cases.
Le compte est bon !
En effet, une fois arrivés à l’octave, on retombe sur la même note et le cycle ne fait que se répéter indéfiniment.

 

intervalles

 

 

 

 

(une graduation = un demi-ton)

Dans cet exemple, on voit que F est la seconde mineure de E (écart d’un demi-ton). A est sa quarte juste (écart de deux tons et demi). C est sa sixte mineure (écart de quatre tons). Etc.
La note de référence (ici E) se nomme la tonique.

 

A propos du mot « mineur »… quand il est question d’intervalles ce terme signifie « un demi-ton en dessous » et est synonyme de bémol (symbolisé par la lettre b) C’est pourquoi j’abrège « seconde mineure » par b2.

 

 

COMMENT SE RAPPELER DU SON DES INTERVALLES ?

 

Je vais vous apprendre la méthode la plus efficace pour mémoriser le son des différents intervalles.
Il s’agit tout simplement de les associer à des mélodies célèbres !

Pour vous rappeler le son d’un intervalle donné, il vous suffira de siffloter les deux premières notes d’un de ces airs.
Ça marche !

 

Sons intervalles

 

 

CONSONANCE, DISSONANCE

 

Avant d’aller plus loin, penchons nous un instant sur une notion importante : celle de consonance et de dissonance.

On parle d’intervalles consonants pour désigner deux notes au son stable, qui se marient bien ensemble.
Les intervalles dissonants, au contraire, désignent deux notes au son instable, qui ont peu ou rien en commun sur le plan harmonique et qui produisent un son plus ou moins dérangeant.
Pour schématiser, la dissonance produit une sensation de tension, alors que la consonance produit une sensation de repos.

Dans toutes les musiques, on trouve une alternance permanente de tension/repos et de dissonance/consonance.
L’émotion et l’intérêt d’un élément musical est généralement apporté par sa dissonance, alors que sa stabilité et son harmonie provient de sa consonance.
Un morceau uniquement basé sur de la dissonance serait d’une confusion atroce, tandis qu’un morceau uniquement basé sur de la consonance serait d’un ennui mortel !

Il existe un lien étroit entre ces deux forces : la dissonance attire la consonance comme un aimant !
En jargon musical, lorsqu’une dissonance se transforme en consonance, on parle de résolution.
La meilleure image pour comprendre cet équilibre est sans doute celle d’un élastique imaginaire. Plus on introduit de la tension (dissonance), plus on tire sur cet élastique. A un moment ou à un autre, la tension devient trop forte et a besoin d’être relâchée… Plus l’intervalle est dissonant, plus ce besoin devient urgent !
Lorsqu’à lieu la résolution, l’élastique retourne à son état d’origine et la consonance est à nouveau établie.

 

élastique

Utiliser un intervalle dissonant comme une b2, b5 ou 7 revient à tirer fortement sur l’élastique imaginaire ! Ce type d’intervalle appelle généralement une résolution rapide vers un intervalle consonant (1, 3 ou 5 par exemple).

 

 

Voici la liste des intervalles dissonants, par ordre croissant de dissonance :

 

2 : L’intervalle de mouvement. Faiblement dissonant, il donne envie d’avancer.

b3, b6 et b7 : Les intervalles de couleur mineure. Expriment la tristesse, l’anxiété et l’instabilité émotionnelle. La b6 est légèrement plus dissonante de la b3. La b7 est à part, et possède une couleur plus élégante et moins plaintive que les deux autres. Ce sont ces intervalles qui sont responsables de la couleur mineure des gammes ou des accords.

b2 et 7 : Les intervalles de résolution. Expriment des sentiments forts et souvent négatifs. Ce sont des notes très dissonantes, qui demandent à résoudre de manière impérieuse. Les utiliser revient à tirer fortement sur l’élastique imaginaire ! La b2 veut résoudre sur la tonique, tandis que la 7 veut résoudre sur l’octave.

b5 : L’intervalle « diabolique ». Ne ricanez pas, on n’a pas trouvé de meilleur formule pour désigner cet intervalle ! Au Moyen-âge, on l’appelait même « Diabolus In Musica », ce qui signifie le diable dans la musique, et il était proscrit par l’Église… tout un programme !
A l’image d’un Comte Dracula, la quinte diminuée (aussi appelé triton car formé de trois tons) possède une sonorité maléfique qui inspire la peur, tout en étant terriblement sexy et envoûtante !
C’est de loin l’intervalle le plus dissonant de tous, et il faut l’employer avec précaution.

 

Les intervalles consonants sont quant à eux moins nombreux :

 

3 et 6 : Les intervalles de couleur majeure. Expriment la joie, le confort et l’optimiste. Ce sont des intervalles très harmonieux. La 6 est cependant moins consonante que la 3, ce qui lui donne un côté plus interrogatif et romantique. Ce sont ces intervalles qui sont responsables de la couleur majeure des gammes ou des accords.

4 et 5 : Les intervalles neutres. Expriment la puissance, la plénitude ou des sentiments aventureux (ceci est d’autant plus vrai qu’on s’éloigne de la tonique). Ces intervalles très consonants ne sont ni majeurs ni mineurs, et assurent avant tout une fonction de stabilité. On les rencontre dans la plupart des gammes ou des accords, pour les structurer.

 

Cela peut paraitre incroyable (et ça l’est !), mais l’infinie diversité de la musique repose uniquement sur des combinaisons de ces douze intervalles !
Il est donc primordial de connaitre les émotions associées à chaque intervalle.

D’ailleurs, l’analyse des intervalles qui composent un air parle bien souvent de lui-même : une mélodie épique aura tendance à comprendre beaucoup de 4 ou de 5, une mélodie douce beaucoup de 3 ou 6, et il y a fort à parier qu’une b2 ou une b5 se cachera quelque part dans une mélodie inquiétante !
Ceci est également vrai pour les accords !

 

 

DÉTERMINER LA TONIQUE

 

Bien entendu, pour savoir à quel intervalle on a affaire, il faut d’abord connaitre la tonique (note de référence).
C’est facile s’il n’y a que deux notes, c’est la première !

En revanche, lorsqu’on joue des séries de plusieurs notes à la suite, les choses se corsent un peu… Car contrairement à ce que certains pensent, la tonique n’est pas obligatoirement la première note de la mélodie !!

En réalité, la tonique est la note qui fait office de note de repos.
Celle qui permet de donner un côté achevé a une mélodie.
Avec un peu d’entrainement, on apprend à identifier cette note à l’oreille.

 

Exercice n°1 :

 

tab1
ggdgd


Dans cette mélodie, la tonique se trouve au début et à la fin de la mélodie. C’est un cas de figure assez courant, qui donne un sentiment de plénitude.

 

Exercice n°2 :

 

tab2
ggege

ff

Ici, c’est un peu plus compliqué ! Cependant, en se fiant à l’oreille, on détermine assez rapidement que la tonique ne peut être que la dernière note de la première mesure (E, entourée en gris) !
C’est l’unique note de cet exemple qui permet véritablement le repos. La mélodie commence et finit sur une autre note que la tonique (en l’occurrence la quinte juste), ce qui lui donne un côté plus inachevé que l’exemple 1.

 

 

LE TABLEAU DES INTERVALLES

 

Le tableau ci-dessous vous sera très utile !

Il permet de trouver n’importe quel intervalle ascendant (première note plus grave que la deuxième) ou descendant (première note plus aigüe que la deuxième), à partir d’une tonique de départ (1 ou 8).

 

Tableau des intervalles
Exemple : F est la b3 de D. C# est la b5 de G, etc.

 

 

CONCLUSION

 

Nous reviendrons sur les applications pratiques des intervalles au cours des semaines prochaines !

En attendant, si vous désirez en savoir plus sur les gammes, les double-stops ou les accords (qui sont tous basés sur les intervalles), allez jeter un œil à cet article !

 

 

Si cet article vous a plu, merci de laisser un commentaire ci-dessous !
Ou partagez-le sur les réseaux sociaux !

 

ET INSCRIVEZ VOUS GRATUITEMENT A LA NEWSLETTER RIFF YOUR LIFE! Vous recevrez des bonus et des infos sur le site !



Articles à lire également :

2 Comments

  1. Très bon article.
    +1 pour le tableau avec les musiques pour se rappeler des intervalles.
    Merci

  2. Ca me fait très plaisir de voir que mes articles servent vraiment à d’autres musiciens !

Leave a comment

Your email address will not be published.


*


onze + vingt =