La quête d’un bon son (partie 1) : l’amplificateur

 

Une guitare électrique n’est en fait qu’une moitié d’instrument : l’instrument complet, c’est une guitare + un amplificateur !

Mais quand on débute, pas évident de s’y retrouver pour tirer le maximum d’un ampli…
Alors, comment faire pour bien régler ces satanés engins ?

Il y a de nombreuses années, j’étais un total néophyte en la matière, et j’ai demandé à un ingénieur du son (dont je préfère taire le nom…) de me donner quelques astuces pratiques. La réponse de ce monsieur est tombée méchamment, comme un couperet : « y’a des boutons, faut les tourner !! ».
Autant dire que cette réponse minimaliste ne m’a absolument PAS aidé à progresser.
Je ne savais pas à quoi correspondaient ces boutons aux noms bizarres, alors comment faire pour bien régler mon son ?
J’ai fini par apprendre tout seul, au fil du temps…

 

Contrairement à certains vieux grincheux qui gardent jalousement leurs « secrets », je vais me faire un plaisir de vous expliquer en détail à quoi correspondent ces fameux boutons qu’il faut tourner !

 

Mais avant cela, commençons par un (rapide) cours de physique 🙂

 

LE FABULEUX DESTIN D’UN SIGNAL ÉLECTRIQUE !

 

Lorsque vous jouez un riff de rock endiablé, la vibration des cordes métalliques est transformée par les micros de la guitare (en fait des électro-aimants) en un courant électrique de faible intensité.
Tel quel il serait inexploitable car fortement sensible aux bruits parasites.

 

C’est là qu’entre en jeu le premier étage de votre ampli : le préamplificateur.
Le rôle premier de ce dernier est d’augmenter l’intensité du signal d’origine, ce qui améliore grandement le rapport signal/bruit.
Il permet également de modifier le caractère du son : ajout de saturation, égalisation des fréquences, etc…

 

Le courant généré par le préampli (qui est désormais de l’ordre de quelques Volts) va à présent pouvoir « attaquer » l’étage suivant : l’amplificateur de puissance.
Comme son nom l’indique, le rôle de ce dernier est de gonfler encore davantage l’intensité du courant électrique.

 

Le signal ainsi boosté va enfin pouvoir atteindre les haut-parleurs. Ce sont eux qui, grâce à un principe électroacoustique, vont transformer le courant électrique en des notes de musiques bien réelles !
Il est à noter que les haut-parleurs ne sont pas tous conçus égaux, et qu’ils jouent un rôle prépondérants dans le rendu sonore final… Les grands guitaristes leur accordent donc un soin tout particulier.

 

Certains amplis sont conçus de manières à regrouper préampli + ampli de puissance + haut-parleurs au sein d’un même appareil : ce sont les combos.
La plupart des petits amplis d’appartements appartiennent à cette catégorie, car ce sont des appareils peu encombrants et bon marché.
D’autres amplis séparent au contraire chaque élément : les stacks.
L’ampli monstrueux que votre guitar-hero préféré étale complaisamment sur scène appartient généralement à cette catégorie !
Les stacks ont pour inconvénients d’être lourds et chers, mais ils offrent un contrôle inégalable du son.

 

un combo

un combo

 

A PRÉSENT, TOURNONS CES MAUDITS BOUTONS !!

 

Je vous donne ci-dessous la technique de base en 10 étapes pour régler la plupart des amplis :

 

1) Commencez par régler le bouton GAIN, en fonction du type de son que vous recherchez (c’est ce bouton qui détermine à quel point le signal généré par le micro de votre guitare va être amplifié).
Jusqu’à 7h, le son est clair. Vers midi, il devient crunch (c’est à dire qu’il est clair quand vous jouez doucement et sature légèrement lorsque vous attaquez de manière énergique, ce qui est parfait pour le blues). A partir de 3h et au delà, le son commence sature et devient plutôt rock !

Note : J’utilise l’image d’une horloge pour expliquer la position des boutons. Midi signifie que le bouton est réglé au milieu. 3h correspond à un bouton réglé légèrement sur la droite, etc…

 

2) Placez les boutons TREBLE, MID et BASS sur midi (de cette manière on commence avec un son « à plat », sans aucune modification).
Astuce : Essayez de voir ces contrôles d’égalisation comme des boutons de volume individuels, qui permettent d’accentuer ou d’atténuer de quelques décibels (dB) certaines plages de fréquences de votre son de guitare !!
A noter : il est inutile de se servir de l’égalisation pour chercher à obtenir un caractère qui n’est pas déjà présent au minimum dans le son d’origine. Par exemple, booster les graves d’une guitare électrique aigrelette n’aura pas du tout le même impact que booster les graves d’une guitare basse !

 

3) Réglez le bouton BASS, qui agit sur la plage de fréquences graves. Plus on le tourne vers la droite, plus le son devient épais et profond. Ce type de son est flatteur lorsqu’on joue en solitaire.
En revanche dans le contexte d’un groupe, mieux vaut baisser un peu les graves afin de laisser le bassiste occuper cette plage de fréquences avec son instrument !!
Le son d’ensemble sera ainsi plus précis et moins boueux.

 

bouton Bass sur un amplificateur

 

 

4) Réglez le bouton TREBLE, qui agit sur la plage de fréquences aigues. Plus on le tourne vers la droite, plus le son devient brillant et tranchant. C’est un type de réglage qui convient très bien au rock vintage ou au surf, surtout dans le contexte d’un groupe. Pour un son plus feutré, tournez au contraire le bouton vers la gauche.

 

treble

 

 

5) Réglez le bouton MID, qui agit sur la plage de fréquences médium. Ce contrôle a une incidence profonde sur la texture de votre son de guitare. En le tournant vers la droite, on obtient un son épais de type fusion, qui peut néanmoins se révéler assez dur à marier avec d’autres instruments. En le tournant vers la gauche, on affine considérablement le son et on le rend plus précis, mais on perd de l’épaisseur. Ce type de son est très courant pour les rythmiques heavy-metal, en combinaison avec des réglages de BASS et TREBLE élevés qui viennent compenser la perte d’épaisseur.

 

medium

 

Astuce : dans un contexte de jeu en groupe, le bouton MID permet aussi de faire passer la guitare à l’avant-plan sans toucher au VOLUME. C’est très utile ! La prochaine fois que vous aurez du mal à vous entendre en répétition ou sur scène, essayez de pousser un peu le MID et vous serez surpris du résultat !

 

 

7) Si votre ampli possède un bouton CONTOUR, sachez qu’il a une incidence directe sur l’action des boutons BASS, MID et TREBLE.
Il permet d’élargir ou de réduire la largeur de la plage de fréquences sur laquelle ces boutons agissent, pour une égalisation plus ou moins fine ou grossière.

bouton Contour sur un amplificateur

 

 

8) Certains amplis sont pourvus d’un bouton PRESENCE. Ce réglage agit sur une plage de fréquences plus aiguës que TREBLE et permet (je vous laisse deviner) d’ajouter de la présence dans le son !

 

9) La majorité des amplis sont pourvus d’effets.
Le bouton REVERB, présent sur la plupart des modèles, permet de simuler l’acoustique d’une pièce plus ou moins large. Ce réglage donne de l’espace et de l’épaisseur au son, mais attention si on le pousse trop on peut finir avec un son de guitare lointain et dénué d’impact !
Certains amplis proposent également un TREMOLO (effet qui coupe le volume de manière cyclique), un VIBRATO (effet qui permet de donner l’impression que le son « tremble ») voire un DELAY (effet qui permet de répéter plusieurs fois tout ce que le guitariste joue).

 

10) Enfin, réglez le bouton MASTER VOLUME selon le volume général que vous désirez.
Ce réglage ajuste le niveau de courant délivré par l’ampli de puissance en direction des haut-parleurs.

 

stack - régler un amplificateur

un stack « deux corps ».

 

CONCLUSION

 

Nous avons fait le tour de la plupart des réglages communs que l’on trouve sur un ampli ordinaire.
Mais est ce là que la quête du son s’arrête ?
Pas du tout, bien au contraire !

 

Il faut en effet être conscient qu’il n’y a pas deux amplis qui sonnent pareil !

On distingue :
– ceux à lampes, qui sont réputés pour leur saturation chaleureuse et naturelle. Ce sont des appareils de premier choix pour le blues, le rock et le hard-rock mais ils ont les inconvénients d’être chers et fragiles.
– ceux à transistor, plus abordables et très résistants, qui donnent des sonorités plus froides et artificielles mais peuvent convenir pour les sons clairs ou pour certains styles modernes (punk, metal).
– les amplis « hybrides« , qui offrent le meilleur des deux mondes.

 

De plus, certaines marques mythiques sont associées à certaines tendances sonores : VOX pour le garage-rock, HIWATT pour le rock anglais vintage, FENDER pour le « classic rock » américain, ORANGE ou MARSHALL pour le hard-rock et le punk anglais, PEAVEY pour le heavy metal californien, ENGL ou MESA/BOOGIE pour le hard moderne…

 

Le choix du bon ampli pour le bon style est une chose primordiale pour tout guitariste. Vous voilà à présent armés pour prendre les meilleures décisions !

 

IMPORTANT : j’ai gardé une astuce supplémentaire concernant le réglage des amplis pour les membres du club Riff Your Life !
Pour y accéder, rien de plus simple : inscrivez-vous gratuitement à la newsletter ! Vous recevrez de temps à autre des bonus et des infos sur le site, et pourrez vous désinscrire à tout moment.



 

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17 Comments

  1. Sympa l’astuce du bouton Mid pour mieux entendre la guitare en groupe! je connaissais pas cette technique.

  2. Merci pour ton commentaire Lucie !

  3. Bonjour ! merci encore pour ces conseils ! J’ai une question j’ai un ampli a modelisation ( bas de gamme j’en suis pas tres fier lol ) et j’ai deux potards de gain un pre gain et un post gain à quoi servent t’il vraiment sur quoi agissent t’il ? j’entend ce qu’il font mais j’ai du mal a les associer

    • Je ne connais pas le fonctionnement précis de ton ampli, mais à priori :
      – Pre Gain concerne le préampli. Il détermine à quel point le signal électrique provenant de ta guitare, de faible intensité, va être amplifié (donc saturé !).
      – Post Gain doit permettre d’amplifier encore le signal, donc d’ajouter de la saturation supplémentaire (surtout si le Pre Gain est déjà réglé assez fort).

  4. Yessss ! merci c’est ça j’ai testé et ça correspond bien à ce que tu m’explique ! c’est pas évident sur cet ampli les modélisations sont vraiment pas super surtout quand on joue metal ça ce brouille assez vite… plus les micros me paraissent faible en tout cas merci beaucoup pour la rapidité !

  5. Salut ,très bon article et site que je découvre.Bien expliqué et intéressant !

  6. Salut, article très clair et très instructif.Merci beaucoup.

  7. Salut Sylvain, et bien en voilà de bonnes et précieuses infos. Moi aussi j’ai longtemps cherché à comprendre toutes ces possibilités de réglages sans vraiment avoir tout compris. Ici tout est clair, grand merci à vous pour le partage d’un fin travail.
    « y’a des boutons, faut les tourner!! » lol

    • De rien Bruno, et un grand merci pour ton commentaire ! Ca me fait toujours plaisir quand quelqu’un prend la peine de dire qu’il a aimé un de mes articles. Et j’aime savoir qu’ils sont utiles aux gens, dans la vraie vie 🙂 N’hésites pas à parler de Riff Your Life autour de toi !

  8. Pas de soucis!
    Au passage, mon petit ampli (diy) apprécie grandement les bons ajustements, le voici: http://brunoguitare.e-monsite.com/
    Bien musicalement.

  9. Bonjour Sylvain,
    J’ai lu et apprécié votre article concernant le réglage d’un ampli.
    Je joue de la mandoline électro acoustique et dernièrement, j’ai acheté un ampli Eagletone qui, en plus des 3 boutons
    (Treble/Mid/Bass), possède un bouton « actif/ passif ».
    Ma mandoline comporte un micro (ou capteur) piézo placé à l’intérieur de la caisse sous le chevalet.
    Pour que ce micro soit « actif », si j’ai bien compris, il lui faut un préampli alimenté par une pile. Or, pas de boîtier
    où pourrait être logée la pile.
    Lorsque j’active le mode passif sur l’ampli, le son est très fort et comme je joue principalement chez moi, je règle le volume
    au minimum. Par contre, si je passe en mode actif, pour obtenir le même volume de son, je dois tourner le bouton du volume à environ
    un tiers du mini.
    Je me pose la question suivante : quelle est la fonction du bouton de mode? Sert-il à activer un préampli intégré dans l’ampli?
    Ou bien n’est-il utile que lorsque le micro piézo possède son propre préampli?

    Cordialement

    • Salut Jean-Pierre,
      A priori ce bouton n’a rien à voir avec le fait que ton instrument soit équipé de micros actifs ou non.
      Il permet juste de modifier l’impédance de l’ampli. En choisissant le mode passif, l’ampli est très sensible et amplifie très fort. C’est un choix idéal pour amplifier un signal électrique de faible intensité. En mode actif, l’ampli est un peu moins sensible. C’est utile pour amplifier un signal électrique plus « costaud » sans saturer.
      J’espère avoir pu t’éclairer !

  10. Bonjour Sylvain,

    Je vous écris du Québec. Félicitations ! Vous avez su par vos explications me faire enfin comprendre comment ça marche tous ses boutons (gain, master, volume) pour définir et contrôler un son. Chapeau ! Je comprend et j’ai enfin réussi à utiliser mes boutons pour donner un susper sustain chaleureux. Je joue sur un Mesa boogie Studio Caliber DC2. C’est un ampli difficile, brutal sur le gain. Quelqu’un m’avait déjà dit que je n’avais pas besoin de pédale pour le faire  »cracher » une belle distorsion. Je n’étais jamais arrivé avant de mettre en application vos informations. Salutations cordiales.

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