Drones ! Vous avez dit drones ?!

Alors que les choses soient claires, dans cet article je ne vous vous parlerai pas des machines volantes à la mode au XXIème siècle (je vois déjà quelques geeks qui sont déçus !), mais plutôt d’une technique de jeu de guitare fort sympatique ! 🙂

Le drone*, aussi appelé parfois bourdon ou pedal note, consiste à jouer une mélodie, un riff ou des accords tout en laissant résonner une ou plusieurs cordes à vide. L’effet obtenu est très planant et offre des sonorités particulièrement intéressantes ! Il permet en outre de renforcer le sens d’appartenance à une tonalité donnée (voir le Pack Accords pour en savoir plus sur les tonalités).

*attention à ne pas confondre ce genre de drones avec le style musical d’avant garde appelé “drone metal” (qui lui consiste plutôt à travailler le sustain de la guitare électrique et les larsen pour obtenir des textures sonores) !!!! 🙂

La technique du drone est couramment employée dans plusieurs musiques folkloriques du monde : la musique indienne avec le sitar (quelqu’un a dit Ravi Shankar ?), la musique celtique avec la cornemuse, ou encore la country avec le banjo.
Ceci dit, elle fait aussi des merveilles dans un registre rock ! En effet, la guitare, de par sa conception même, facilite grandement l’exécution des drones, ce qui explique pourquoi de nombreux rockeurs les ont employés dans leurs compositions, comme nous allons le voir sans plus tarder !

 

LES DRONES DANS LE ROCK PSYCHEDELIQUE

De par sa sonorité envoutante et mystique, quasi orientale, le drone a tout naturellement séduit les musiciens des années 60 et 70 !!!

Je pense par exemple à l’épique morceau de bravoure des Doors “The End”, qui en fait un usage assez conséquent pendant près de dix minutes ! Pour créer ce genre de drone, on fait sonner à vide la corde de D et on joue par dessus une gamme majeure de D sur la corde de B. On alterne les notes de la gamme et la corde à vide grâce à un saut de corde. Si c’est bien exécuté, on doit avoir l’impression que la corde de D n’arrête jamais de résonner !
 



 

 

Autre genre de drone pour un effet sensiblement différent, celui de l’intro de “Paint It Black” des Rolling Stones. Ici, il s’agit de faire sonner à vide la corde de D et de jouer par dessus un arpège basé sur l’accord de Dm !

 


 

Enfin, pour clore le chapitre des drones psychédéliques, voici le cultissime “Venus In Furs” du Velvet Underground ! Ici, on fait sonner non pas une, mais deux cordes à vide (celles de B et E aigu) et on joue par dessus une gamme mineure de E sur la corde de G.
Le double-drone procure un effet carillonant et hypnotique, qui vient renforcer le côté lanscinant de cette chanson.
(Il est a noter que dans la version originale, c’est John Cale joue la note la plus aiguë du drone au violon alto !).

 


 

Le morceau “Welcome To The Machine” des Pink Floyd emploie exactement le même genre de double-drone, dans un contexte légèrement différent.

 

coucou Ravi Shankar !

 

LES DRONES DANS LE ROCK DES ANNEES 90

L’usage des drones était très à la mode dans les 90’s, notamment dans les styles grunge et britpop !

On les retrouve notamment dans l’intro du classique “All Apologies” de Nirvana. La corde à vide de A et la mélodie majeure jouée sur la corde de D rappelent un peu le genre de drone employé sur “The End”, mais la façon de jouer est totalement différente, plus énergique et plus mélodique.

 


 

L’intro de la chanson “Shine” du groupe Collective Soul utilise un drone similaire.

 

Autre genre de drone grungy très populaire à l’époque, celui de “Marigold”, toujours des même Nirvana ! Cette fois ci, on joue des accords entiers plutôt qu’une simple mélodie. L’astuce consiste à jouer un accord de puissance qu’on va déplacer le long du manche tout en faisant sonner les cordes de B et E aigu à vide. On génère ainsi des formes d’accords complexe à la sonorité très riche et particulièrement intriguante !!!
 



 

Dans un registre plus britpop, Oasis utilise un double drone un peu particulier sur “Wonderwall”. Ici, il ne s’agit plus de jouer des cordes aiguë à vide par dessus des accords, mais des notes frettées à la troisième case !! L’effet est beaucoup plus subtil qu’avec des cordes à vide, et permet de donner beaucoup d’intérêt et d’unité à la suite d’accords pourtant assez classique qui compose cette chanson.

 


 
 

CONCLUSION

 

La meilleure manière pour créer vos propres drones, c’est encore d’expérimenter !
Installez vous bien confortablement dans un canapé, fermez les yeux, oubliez la théorie et déplacez vos doigts en laissant vos oreilles vous guider ! C’est ce que je fais parfois, en plus ça détend 🙂
Vous pouvez par exemple déplacer le long du manche des notes simples, des double-stops de quarte, des power chords, des intervalles d’octave, voire des accords entiers (ceux de E, Em, Am et G fonctionnent très bien !) et faire sonner par dessus une ou plusieurs cordes à vide.

Et, pour pousser les possibilités du drone encore plus loin, pourquoi ne pas carrément le faire jouer par un autre musicien de votre groupe ? C’est ce qu’on fait Frankie Goes To Hollywood dans “Relax” (c’est la basse qui joue le drone !) ou encore Van Halen dans “Jump” (le drone est jouée par un synthétiseur)…

 
Que pensez-vous de cet article ? Et vous, comment utilisez-vous les drones ? Exprimez-vous dans les commentaires, en bas de cette page !

 
 

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2 Comments

  1. Article super sur les drones qui apportent vraiment un son unique et personnel a la guitare. Merci pour ce partage 🙂

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